l'encrier de rosemarie

l'encrier de rosemarie

Le merle

Nuit très noire encore. Il vocalise quelques trilles, hésitantes, un peu ensommeillées. Cela ne dure pas: le ton monte vite, fortissimo. Il pense peut-être que, le coq ayant déserté la ville, il lui faut prendre le relais. Certain d'ailleurs que son répertoire surpasse largement en beauté et en variation celui d'un vulgaire fanfaron de basse-cour.

 

Le rideau est levé. Sur la scène, posé au faîte du toit, à trois sautillements de ma fenêtre ouverte, il joue le prélude. L'aubade va durer jusqu'au moment où ses acolytes, perchés dans les alentours, auront bien compris que ce toit, c'est le sien.

 

Enfouie sous mon édredon, je l'entends encore. C'est trop beau pour s'offusquer et puis, cela annonce le printemps, n'est-ce pas?

 

Il ramage, il roucoule, il s'égosille sur tous les tons.

Il siffle les jolies filles, même si elles dorment encore.

Il dit que la journée sera chaude et que la vie est belle.

Il se tait quelques secondes pour mieux repartir dans un solo endiablé.

Il réveille le monde, inlassablement...



02/05/2016
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